Se lever tôt un matin et avoir cette envie folle mais réaliste de vouloir parcourir milles terres pour simplement voir la mer. Parce que sans cette vue on est rien. Se rendre compte un matin que seul l'océan, la plage, le paysage compte. Rien d'autre n'a d'importance. Courir sur le sable fin, la planche sous le bras. N'avoir qu'une hâte : arriver dans l'eau, glaciale certe mais tellement apaisante. Un pied sur cette plage, un seul, et tout vous semble si simple. Le vide est fait, votre esprit ne pense qu'à une chose : plonger dans cette eau à 17°, avoir le visage figé par la fraicheur du moment, ressortir de l'eau, recracher l'eau salée qui s'est glissée malicieusement dans votre bouche, et y aller. Foncer vers le large. Faire le vide et se sentir exister.
Ressentir les choses, pleinement. L'eau glisser sous la planche, sous tes pieds. Se retourner furtivement en voyant une belle vague arriver au loin. Ramer, bras gauche, bras droit, bras gauche, bras droit, elle arrive, elle se rapproche, tu la sent près de toi, quelques mètres seulement. Ne pas la regarder. Elle te prend, te monte tout en haut, et te propulse vers la plage. Une impression de voler, tout surmonter. Tu glisses sur cette eau froide, plus rien ne te fait peur. Tu tente un 360°, que tu réussis. Fière de toi tu lèves les pieds, plie les genoux et saute le creux de la vagues. Tu as réussi une belle figure. Personne n'est là pour la voir puisque tu es seule sur la plage, dans l'eau. Mais tu es fière. Heureuse de toi. Le bonheur, le simple bonheur. Ne serait-ce pas cela ? Simplement ? Apprécier le moment. J'aime ressentir cela. Un tel plaisir ne dure pas longtemps, mais qu'est ce qu'il fait du bien !
( Ma Calle au Neck si tu savais
comme tu me manque )

